Le temps passé 1

 Je me souviens des halles SERNAM, quasiment des édifices classés pour certaines. Vieilles halles poussiéreuses ou nouvelles halles plus lumineuses, pour la plupart rasées à la mort du SERNAM, voire avant. Quel que soit l'âge de construction de ces halles il y faisait glacial l'hiver et étouffant l'été. La halle de Trappes était fermée par des rideaux amovibles. Le samedi le cadre de permanence faisait une ronde vers midi, seul, pour vérifier que tous les rideaux étaient fermés, ce qui était rarement le cas, suivi d'une seconde ronde, par l'extérieur cette fois, avec le vigile qui prenait sa garde. 

 La halle de Poitiers, elle, était dénuée de rideaux de fer. Rien n'empêchait qu'on y entre discrètement, dans la partie la plus éloignée des bureaux. Il y avait donc tout le temps une équipe au travail, une quinzaine d'agents, en trois huit. Parfois, les mois d'été on était tout seul (généralement un saisonnier) dans cette halle immense, sans portes, sans défense aucune, à veiller toute la nuit, avec interdiction de faire quoi que ce soit (tout seul on risque de se blesser, le travail de manutention peut-être dangereux et quand on est seul, personne pour vous porter secours, surtout la nuit). Le malheureux saisonnier passait la nuit, de 20 à 4 heures du matin, tout seul, enfermé dans la guérite du chef de quai, le téléphone à portée de main, à attendre la relève, avec un bon casse-croûte, du café et un transistor. Ne pas s'endormir. Mais, on dormait quand-même, somnolait plutôt, assis sur le fauteuil du chef de quai. Interdiction de faire des rondes, trop dangereux aussi. Parfois on avait de la visite. Le chef de centre ou son adjoint, la police, mais plus souvent les agents de la Surveillance Générale qui faisaient une ronde ou planquaient quelque part dans la halle pour tendre une embuscade aux cambrioleurs. 

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