parti

À supposer que me prenne soudain l'envie d'adhérer à un parti politique il me faudrait encore m'en trouver un qui corresponde à mes opinions (celles-ci sont trop éclectiques pour former un corps cohérent d'idées de droite ou de gauche (pour certains sujets j'ai des opinions "de droite" et pour certains autres des opinions "de gauche") pouvant mener à une action quelconque, ce qui me fait penser que je serais plutôt du genre à militer dans une ONG que dans un parti politique, si toutefois l'idée même de militer ne m'était insupportable) et il est peu probable que je trouve un parti politique qui me convienne, je ne crois d'ailleurs pas qu'il existe et il faudrait que je le fonde pour pouvoir y adhérer et en être évidemment le seul et unique militant (bref, comme le disait Groucho Marx : je n'aimerais pas être d'un parti qui m'accepterait pour membre).

À supposer que je trouve un parti politique (un temps j'ai été tenté par un parti assez obscur, minuscule (groupusculaire) mais ce sont les militants de ce parti (pourtant bien timides et inoffensifs et qui se contentaient de débattre sur un forum sur Internet) qui par leurs propos m'ont très vite fait renoncer), il me faudrait militer (il faut toujours à un moment ou un autre militer parce que sinon à quoi bon adhérer au parti) et supporter les autres dont Sartre a fort bien dit qu'ils étaient l'enfer. Non pas que je n'aime pas les gens, je les aime mais à distance car en général les gens m'assomment dès que je les côtoie un peu trop (il y a des exceptions bien sûr). Par le passé il m'est arrivé de militer et j'ai toujours trouvé ça ennuyeux au possible, je n'ai jamais trouvé le moindre plaisir ni le moindre intérêt à faire du porte à porte, à essayer de convaincre les gens, à répéter cinquante fois les mêmes arguments mal foutus et d'une évidence trompeuse (trop évidents parfois pour être honnêtes ou s'approchant de la vérité), à rédiger des tracts, à les distribuer, à coller des affiches et à assister aux réunions interminables et fumeuses. Je me souviens d'une fois (j'étais alors dans un grand syndicat de gauche) où deux "camarades" et moi devions rédiger un tract : nous étions deux jeunes adhérents et nouveaux dans le syndicat et on nous avait collé un vieux de la vieille pour nous aider et nous surveiller, ce vieux militant nous dicta alors le tract (sans doute pour aller plus vite) et c'était un ramassis de lieux communs, j'eus le malheur de le lui dire ("c'est des conneries tout ça" quelque chose de ce genre, j'étais jeune et naïf et c'est tout juste si je ne me prenais pas pour le jeune personnage de En un combat douteux de Steinbeck), je me fis virer comme un malpropre.

À supposer que j'adhère à un parti il me faudrait accepter la tyrannie de la majorité si tant est qu'il n'y a que comme ça qu'un groupe peut avoir une quelconque crédibilité et efficacité et par un drôle de tour du sort j'ai toujours été minoritaire, où que je me trouve...

1 commentaire:

Unknown a dit…

... J'ignorais que tu avais un tel passé, heu, "trouble", monsieur Jean :)