en porte-à-faux

Obama a plus de chance d'être élu que McCain parce qu'il donne l'illusion qu'il va prendre la réalité à bras le corps et la changer. "Yes, we can change" crient ses partisans. Mais bien sûr la réalité ne se laissera pas changer comme ça, même avec un président jeune qui a du punch et de la volonté. Donc il y aura des grosses désillusions. En attendant Obama incarne le changement tant souhaité. D'abord parce qu'il est noir. Dèja, ça, ça change des blancs qui se sont succédés à la Maison Banche. Mais c'est un changement d'apparence pas du fond et pas de la réalité.

McCain fait la course derrière. Il n'incarne pas le changement mais la continuité et une continuité qu'on n'aimerait pas voir continuer parce que Bush est très impopulaire, ce qu'il a fait est jugé négativement, rien n'est bien, tout est échec. Alors seuls les gens qui ont très peur du changement, qui ne veulent pas du changement sont pour lui, pour McCain. Et en ce moment en Amérique la majorité des gens veux une autre réalité. McCain est vieux. D'ordinaire les vieux incarnent la sagesse et l'expérience. Mais justement pas le changement, l'audace, le punch. Et c'est là l'idée dominante. Même si c'est une illusion, mais dans le politique tout est illusion, faux semblants et projections d'images.

McCain est un héros de la guerre du Vietnam. C'est comme ça qu'il se présente. Mais c'est d'un héroïsme ambiguë. D'abord il était un pilote d'avion qui bombardait des civils, des villes vietnamiennes. Ensuite il s'est fait descendre au dessus de sa cible et il est tombé aux mains de ses ennemis comme un fruit mûr. C'est pas vraiment reluisant tout ça. Et dans une guerre qu'on a perdu en plus. Mais voilà qu'une fois emprisonné et gravement blessé — les deux bras cassés, une jambe brisée, une blessure à l'aine faite par la baïonnette d'un vietnamien un peu revanchard lors de sa capture — ses geôliers le traitent mal, le laissent sans soins dans un cul de basse fosse, le torturent et finalement lui propose de le libérer avant les autres à condition qu'il se retourne contre son propre pays. Bien sûr il refuse. Malgré sa condition. Malgré ses blessures. Et c'est là qu'il devient un héros. Par son refus d'être libéré. Du coup il fera quatre ans en tant que prisonnier de guerre et survivra à peine.

Vous me direz que Obama n'a rien du tout à revendiquer comme fait d'armes ou même comme grande réalisation. Moins que McCain donc. Mais il se présente comme l'homme qui peut "yes, we can" alors que McCain c'est l'homme qui a pu mais qui après n'a plus rien fait que de se plier. Se plier à Bush en 2000 et ensuite 90% du temps. Approuver et non pas refuser (bien qu'il essaie de dire et faire croire le contraire).

Dans ce combat McCain essaie de se présenter comme "maverick" ce qui signifie en Français non conformiste, imprévisible. Il répète ce mot "maverick" sur tous les tons et Palin elle-même se dit "maverick", c'est un couple de non-conformistes, imprévisibles... Mais dans ce rôle il ne sont pas crédibles. Palin est le type même de la small town hockey (or soccer) mom, parfaitement conformiste et ayant les idées de tout le monde. McCain a montré sa vie durant qu'il se conformait à ce qu'on attendait de lui. Et pour couronner le tout ce sont les gens qui ne veulent surtout pas que les choses changent qui votent pour eux. Toute cette histoire de "maverick" sonne faux. Ce qu'elle est. Et en politique il faut faire illusion, raconter une histoire qui prenne, donc une histoire crédible et cohérente. Celle de McCain ne l'est pas.

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