les SIG (1)

Un SIG (Système d'Information Géographique) est un outil informatique qui permet de dessiner des cartes à partir d'un ensemble de databases diverses et variées et de fonds de cartes ou de photos topographiques. Google Earth ou Google Maps sont des SIG. On peut dire que les utilisations des SIG sont extrêmement diverses et que le marché pour ces logiciels est en pleine croissance. Le SIG est un outil qui permet de faire des visualisations très percutantes de tous les phénomènes du monde réel (une carte valant mieux qu'un long discours selon l'adage bien connu). Un SIG permet aussi d'analyser le réel et ses phénomènes, de se poser de nouvelles questions, d'examiner l'environnement physique, démographique et même culturel des phénomènes que l'on veut étudier et de trouver des correspondances et des corrélations entre ceux-ci. Avec les SIG on peut aussi faire de l'optimisation et améliorer la productivité et même anticiper les problèmes.

Mettons que nous soyons dans une société de livraison de colis (comme DHL, La Poste ou Fedex). Vous avez des colis à livrer sur un territoire donné, un certain nombre de camions et de chauffeurs-livreurs, des contraintes draconiennes en terme de temps, d'heures limites de livraison, de productivité des livreurs, etc. C'est le quotidien du chef de camionnage (c'est du moins comme ça qu'on l'appelait quand je travaillais dans cette branche et que je faisais ce boulot, pas un des plus agréables ni intéressants qu'il m'ait été donné de faire, mais c'est une autre histoire) que de bâtir des tournées avec ce qu'il a reçu dans la nuit ou le matin même. Dans le temps donc, le SIG c'était le cerveau du chef de camionnage, et celui des livreurs qui avaient la connaissance fine du terrain mais des intérêts divergents de ceux du chef de camionnage, surtout en matière de productivité et de rémunération. Le chef de camionnage doit rentabiliser au maximum ses tournées en respectant les impératifs commerciaux, il a donc tendance à faire suer le burnous de ses livreurs qui ne sont pas toujours d'accord avec cette façon de voir. Les divergences de vues donnaient lieu à des engueulades homériques, croyez-moi!

Ah si j'avais eu un SIG dans les années 90, quand je faisais ce job! J'aurais pu avoir les caractéristiques des colis à livrer au fur à mesure de leur arrivée et même à l'avance. Le poids, l'encombrement, l'adresse de livraison et éventuellement les impératifs de livraison (heure limite, etc.). De nos jours ces données sont liées à un code à barre dont la lecture permet de retrouver et d'appeler tous ces éléments. J'aurais rentré en database les plans de la ville desservie et toutes les adresses. Dans une autre database j'aurais eu les caractéristiques des moyens de livraison, capacités et tailles des véhicules, horaires des livreurs, etc. Enfin dans une autre database les contraintes : horaires de livraison des entreprises, délais commerciaux pour certaines catégories d'envois, rues ayant des heures de stationnement réglementées, et puis les critères économiques, le coût prévisionnel de chaque livraison... Le SIG aurait mâché toutes ces informations et bâtis les tournées, dessiné les itinéraires sur un plan ou une carte que j'aurais pu imprimer ou envoyer sur les PDA des livreurs. Il m'aurait créé en un rien de temps des tournées cohérentes, raisonnables, et même prévu des itinéraires bis en cas d'incident. Mon système géographique m'aurait permis de suivre le travail de mes livreurs et de savoir tout le temps où ils sont et où ils en sont (il suffit d'un GPS connecté au SIG) et informer les clients du sort de leurs précieux colis.

Aujourd'hui c'est une des fonctions que remplissent les SIG, il y en a d'autres dont nous parlerons une autre fois.

1 commentaire:

Unknown a dit…

Es-tu seulement sûr qu'ils (les compagnies de livraison) utilisent toutes ces données? Je veux dire: l'expérience montre qu'il reste toujours un gouffre entre ce qui est possible techniquement et ce qui est réellement appliqué (par incompétences, par manque de moyens pour effectuer les développements, par ignorance et par sacro-sainte flemme).

Ceci-dit, c'est amusant: déterminer ces tournées doit probablement faire appel à des algorythmes utilisés en jeu-vidéo pour déterminer des trajectoires de personnages non joueurs dans les décors simulés.