amabilité

J'aime bien les analyses d'Edouard du blog Sale Bête, sur les élections américaines. Extrait d'un de ses derniers billets :
À l'opposé peut-être de nos amis français, les Américains veulent bien croire que quelqu'un est bien, sympa, gentil – on est cynique ou tout simplement désagréable si l'on croit que les motifs éventuels pour lesquels un candidat dit ceci ou cela seraient seulement pour gagner des voix. La grande majorité du peuple américain insiste sur l'amabilité du candidat – et c'est vrai que, pour la majorité du pays, Bush a réussi à cultiver l'air d'être plus « aimable », dans le sens le plus banal du mot, que Gore (trop intello) et de Kerry (trop pontifiant). M. Obama est, pour le moment, le grand gagnant dans le concours d'amabilité, comme l'était M. Bush avant lui, tandis que la gamme d'opinions sur Mme Clinton va de la salope infernale lesbio-socialiste de la droite à la Jeanne-d'Arc revenue, en passant par l'enseignante de lycée un peu sévère et pas très marrante qui planifie les cours un peu au milieu – nécessaire, oui, mais pas gai du tout. M. Edwards, lui, il critique trop – il nous rappelle combien on s'est laissé avoir par les grandes sociétés qui s'achètent au Congrès des projets de loi favorables à leurs industries. Il nous rappelle combien nous sommes bêtes de croire que tout le monde il est beau, tout le monde il est joli – et ce souvenir de notre propre bêtise ne nous plaît pas. Donc, c'est Obama qui est le candidat « feel-good » – qui nous fera sentir qu'on est bien, ouvert, plein d'espoir, pas raciste, mais non pas agressif non plus.

Au passage : chapeau Monsieur Edouard pour votre Français plein de verve!

3 commentaires:

Territoires Poétiques a dit…

au passage je note que partout une femme qui postule au pouvoir reste une salope, ou une lesbienne, bref toujours la même panoplie des mots très gentils que lui donnent des hommes et aussi d'ailleurs des femmes acquises au pouvoir des hommes
je la vois dans le sondage caracoler en tête talonnée par un noir
plus ils sont en tête et plus ils en voient de toutes les couleurs
décidément il semblerait que l'intelligence dès qu'elle est l'apanage des "inférieurs" face peur à ceux qui sont bien incapables d'en avoir tout autant...
je te dynamiterais tout ça moi...

Anonyme a dit…

Merci, jr – vous êtes trop gentil !

Je suis tout à fait d'accord avec rose b – on la calomnie, Mme Clinton. Et on le fait depuis des années – on l'a traitée de lesbienne lors de l'affaire Lewinsky comme raison pour laquelle Bill aurait voulu faire l'amour avec sa stagiaire – Hillary est bien accoutumée, je crois, à ce genre d'injure. Le grand problème pour elle, c'est qu'on la connaît en quelque sorte trop bien – et elle est de toute apparence très, très ambitieuse, qui n'est bien sûr pas criminel mais comme vous voyez on préfère chez nous cette sacrée « amabilité » même fausse. Il y a aussi le problème « dynastique » — on a marre des Bush, doit-on recommencer avec les Clinton ? Beaucoup pensent que non.

Territoires Poétiques a dit…

à Edouard: je pense effectivement que lorsque l'on fait de la politique à ce niveau-là, on peut s'asseoir sur les injures, mais c'est tout de même navrant, voire indécent tout ce qui remonte de loin pour traîner les gens dans la boue.
On pourrait trouver à H. Clinton tout un tas d'autres défauts qui n'ont rien à voir avec sa féminité, car elle en a des défauts, c'est évident, c'est un être humain comme tout le monde, mais qui aime le pouvoir (ce qui n'est pas le cas de tout le monde)
Lors d'un séjour aux EU cet été, j'avais aussi entendu dire que l'Amérique voulait en finir avec les dynasties, et ne voulait plus des Clinton, homme ou femme
L'amabilité même fausse est un mal qui ronge aussi chez nous...
On ne saura jamais ce qu'ils ont derrière la tête tous ces gens qui se lancent pour des présidences, prêts à tout pour gagner et s'asseoir cette fois sur le trône du pouvoir.
Mais c'est ainsi le jeu de la démocratie.
Je crois que finalement globalement un pays élit à sa tête un homme (ou une femme) qui lui ressemble...