amabilité

J'aime bien les analyses d'Edouard du blog Sale Bête, sur les élections américaines. Extrait d'un de ses derniers billets :
À l'opposé peut-être de nos amis français, les Américains veulent bien croire que quelqu'un est bien, sympa, gentil – on est cynique ou tout simplement désagréable si l'on croit que les motifs éventuels pour lesquels un candidat dit ceci ou cela seraient seulement pour gagner des voix. La grande majorité du peuple américain insiste sur l'amabilité du candidat – et c'est vrai que, pour la majorité du pays, Bush a réussi à cultiver l'air d'être plus « aimable », dans le sens le plus banal du mot, que Gore (trop intello) et de Kerry (trop pontifiant). M. Obama est, pour le moment, le grand gagnant dans le concours d'amabilité, comme l'était M. Bush avant lui, tandis que la gamme d'opinions sur Mme Clinton va de la salope infernale lesbio-socialiste de la droite à la Jeanne-d'Arc revenue, en passant par l'enseignante de lycée un peu sévère et pas très marrante qui planifie les cours un peu au milieu – nécessaire, oui, mais pas gai du tout. M. Edwards, lui, il critique trop – il nous rappelle combien on s'est laissé avoir par les grandes sociétés qui s'achètent au Congrès des projets de loi favorables à leurs industries. Il nous rappelle combien nous sommes bêtes de croire que tout le monde il est beau, tout le monde il est joli – et ce souvenir de notre propre bêtise ne nous plaît pas. Donc, c'est Obama qui est le candidat « feel-good » – qui nous fera sentir qu'on est bien, ouvert, plein d'espoir, pas raciste, mais non pas agressif non plus.

Au passage : chapeau Monsieur Edouard pour votre Français plein de verve!