impressions d'automne

C'est entendu, la lumière de novembre est lugubre. A vous dégouter de faire de la photographie, jusqu'au printemps suivant. Tout est sombre et humide et les gens ont un vilain teint. Se dire que dessus le ciel opaque il doit bien encore y avoir du bleu, par là.

Roublard que je suis, je prends maintenant le métro, le matin, à la tête de ligne, Porte de Clignancourt. Le soir c'est une autre affaire. Ce soir, par exemple, je suis revenu à pied. Enfin pas complètement, j'ai pu couvrir un tronçon de chemin en métro. Itinéraire classique : Rue du Montparnasse, Notre Dame des Champs, rue de Vaugirard, Saint Sulpice, Boulevards Saint Germain et Saint Michel (gite d'étape à la librairie Compagnie, rue des Ecoles), Pont Saint Michel, Pont au Change, rue Saint Denis. Après, comme il s'est mis à tomber des hallebardes, métro jusqu'à Château Rouge, arrêt ravitaillement chez Champion boulevard Barbés. J'ai frôlé le Luxembourg, ait été tenté de boire un dernier verre au Danton... Saine ballade dans la nuit électrique.

Ce matin donc métro, en face de moi une dame blonde au visage slave extrait de son sac un magazine froissé et un peu dégoutant écrit en serbo-croate, elle examine attentivement la page des mots croisés, sans tenter d'en remplir le damier. Enfin, serbo-croate je suppose, car près de la porte de Clignancourt s'est assemblé une petite communauté Serbe autour de l'église orthodoxe Sainte Sava.

Un homme, strabisme divergent, un oeil lit un roman policier (je ne me souviens plus du titre ni de l'auteur), l'autre me regarde d'un air de reproche. Lequel choisir?

Un jeune gars, casquette des Chicago Cubs.

Je croise un noir rue Saint Denis qui chante à tue tête un air qui m'évoque les pirogues du Niger, il est coiffé d'un étrange chapeau-parapluie bleu fluo.

Comme je me suis tout de même tapé quelques kilomètres je ressens une certaine lassitude. Allons, au lit!

1 commentaire:

Territoires Poétiques a dit…

le coup de l'oeil c'est bien vu
et le reste aussi