polémique

Les discussions sur le conflit israélo-palestinien dégénèrent tout de suite en engueulade carabinée avec échange d'insultes. Pas moyen d'être neutre ou de renvoyer la faute sur les deux protagonistes à la fois. Aucune tentative d'être un peu mesuré, un peu nuancé, ne résiste à la haine des fanatiques d'un camp et de l'autre. Chacun se croit détenteur de la vérité et d'être dans le camp du bien contre le mal. Tout argument un peu tiède et en faveur de la paix se voit attaqué avec une vigueur extrémiste. Il est remarquable qu'un conflit comme il y en a tant dans le monde déclenche des avis aussi extrêmes et aussi tranchés. La paix est possible, mais n'arrivera jamais dans une telle ambiance. C'est désespérant au plus haut point. 

la peur

 Je crois que Kevin Drum a raison quand il remarque que les élus et dirigeants du parti Républicain vivent dans la terreur de ce que pourrait faire Trump s'ils le répudiaient. Ce qu'il pourrait faire et qu'il ferait probablement, c'est former un nouveau parti et emporter une bonne moitié, sinon plus, des Républicains avec lui. On peut donc dire que Trump les a à sa botte, il les tient par la peur. C'est ce fait et la crainte pour les députés et sénateurs Républicains de se voir opposés un candidat Trumpiste à leurs primaires, qui pourraient bien ruiner leur carrière politique, qui les fait tous rentrer dans le rang.

évitements

 Il y a des sujets qu'il vaut mieux éviter sur Facebook ou ailleurs sur le net, parce qu'ils ne déclenchent rien que des réactions tranchées et hostiles. Le conflit israelo-palestinien en est un et des plus difficile à aborder puisque, selon qu'on est porté à soutenir un camp plus que l'autre, on récolte des commentaires mécontents et toujours agressifs. Rien de bon ne peut en sortir puisqu'il n'y a, de part et d'autre, que des gens persuadés d'être dans le bon camp, celui du bien contre le mal. Il faut choisir son camp sinon on est catalogué, et quand on a choisi son camp, publiquement, les foudres du camp opposé vous tombent dessus avec une vigueur complètement disproportionnée par rapport à ce que vous représentez dans l'univers.

la "vie d'avant"

 Plus ça va plus je me dis que l'on ne reviendra pas à la vie "normale", la vie d'avant le covid. On parle déjà d'un rappel de vaccin tous les ans. Imaginons qu'il faille vacciner à nouveau toute la population tous les ans, pendant quatre ou cinq ans, l'effort que ça représente, l'argent que ça va coûter. Et puis il me semble que le vaccin n'abolira pas le port du masque à l'intérieur des lieux publics. Je pense que le port du masque et que le lavage fréquent des mains avec du gel éviteront bien des maladies contagieuses et donc que c'est une excellente chose. Mais est-ce qu'on continuera à ne pas se serrer la main ou à ne pas s'embrasser quand on se rencontre ? Est-ce qu'il ne faudra pas garder ses distances quand on ne peut pas porter un masque à l'intérieur des lieux publics ? Dans les restaurants, par exemple ? Ou est-ce que l'accès aux lieux privés recevant du public ne sera pas soumis à la présentation d'un "pass" sanitaire ? Cette dernière mesure me semble inévitable, jusqu'à ce que le virus soit éradiqué.

dimanche

 Ciel tout gris, orages menaçants, mais qui passent plus au Nord sur la Sarthe et l'Orne, très fort vent, tiède, de Sud. Les Étourneaux, peut-être ceux de l'an dernier qui avaient fait un nid en face de chez moi, ont fait un nid ailleurs, mais non loin. Ils sont d'une prudence extrême quand ils reviennent au nid, faisant des haltes sur les fils alentours pour observer l'environnement et pendant que l'un est dans le nid, l'autre est de garde pas loin. Passe un couple de Cormorans en route vers un nouveau terrain de chasse sur la Maine. On entend le cri des mouettes. Les cloches des églises sonnent au loin, on est dimanche.

Ne rien faire

 Je me suis mis au soleil sur mon balcon. J'ai un besoin vital de soleil. Je suis tellement content que le beau temps soit revenu et que la température me permette de m'assoir sur mon balcon. Il fait beau aujourd'hui comme il a fait beau ces jours derniers. Je m'assois avec un mug de café léger sucré. Je le sirote en ne faisant rien d'autre. Je ne médite pas, car méditer suppose un effort pour contrôler le flux des pensées.  Ma flemme légendaire m'a rendu apte à ne rien faire sans m'ennuyer. J'écoute les bruits avec attention : une voiture qui passe dans ma rue ou sur la promenade le long de la Maine, une tourterelle : "grougrou grou", des pépiements indistincts, le cri d'une pie dans les platanes de la rive, le son atténué d'une conversation entre des humains quelque part. Mes pensées dérivent, mais agréablement, pas de pensées négatives. Ne rien faire et en être satisfait va à l'encontre de tout ce qu'on nous apprend et de tout ce qu'on valorise dans notre monde. C'est pourquoi je crois qu'il est bon de ne rien faire, pour envoyer paître le monde entier !

Une semaine de passée

 Et voilà... Une nouvelle semaine de passée sans que je n'aie fait grand-chose. J'aime penser que c'est à cause de la Covid, mais c'est pour me rassurer. Mes journées sont divisées en deux : douze heures de sommeil (plus ou moins, sauf quand j'ai des insomnies), douze heures de vie éveillée. Je ne pense pas que ça soit très sain de vivre comme ça. Il faut que je limite mes nuits à huit heures. Mais comme je n'ai pas grand-chose à faire je traîne au lit, à somnoler le plus souvent. Et le couvre-feu à dix-neuf heures m'embête considérablement puisque je suis plutôt du soir, que j'aime la lumière du soir pour faire des photos et que j'aime aussi sortir me promener dans les environs de mon domicile la nuit tombée. Évidemment il n'est pas question d'aller diner ailleurs, ni d'inviter des gens à dîner. Pas question non plus d'aller passer quelque temps au pub ou chez Starbucks, pas question de cinéma ni de spectacle d'aucune sorte et bien sûr de vie sociale ou associative. Je dors longtemps, mais mal : fréquents réveils, rêves désagréables. Je fais un peu d'exercice chez moi (souvenirs de mon séjour en SSR à l'hôpital de Chinon où mon coach personnel en activité physique m'a appris plein de choses dont je me sers encore aujourd'hui). Comme il fait beau j'essaie de faire quelques promenades, mais ce sont toujours les mêmes et bien que le cadre soit magnifique, surtout au printemps, ce n'est pas très varié. Il est possible que je “souffre” du syndrome du récent retraité, qui ne sait pas à quoi se prendre pendant les premiers mois de sa retraite, mais le confinement et le couvre-feu (et la Covid) n'arrange rien. Je ne suis pas malheureux, dites-vous bien, et je ne me sens pas déprimé (je me sens même très content de ne plus être stressé par le travail (encore que je ne le fusse guère), d'être plus libre qu'avant et de n'avoir de comptes à rendre à personne et surtout pas à des gens pour lesquels je n'avais aucune estime ni respect). Quelques satisfactions néanmoins : mes ennuis de plomberie sont terminés, j'ai réussi quelques geekeries sur mon ordinateur, je lis beaucoup et des choses passionnantes (des essais, je ne goûte guère la fiction). J'essaye de goûter des vins divers (pas plus d'un verre par jour) et d'étendre mes connaissances œnologiques et je dois dire que c'est bien agréable. Par ailleurs j'ai diminué ma dépendance à l'information en me désintéressant considérablement de la politique française au jour le jour et en ne participant pas aux quotidiennes polémiques sur les réseaux sociaux. Je fais des photos et je les développe avec parcimonie avec Lightroom. Enfin je suis aussi content qu'on peut l'être d'habiter ici, à Angers, dans le Val-de-Loire, dans un appartement aussi agréable que bien adapté à mon mode vie, au bord de la rivière (à 79 mètres très exactement de mon balcon) mais en surplomb (pas de risque d'être inondé) et un peu en périphérie de la ville (donc plus calme qu'en centre-ville).

fantômes du passé

Les nuits d'insomnies vers trois heures du matin, c'est l'heure des trois fantômes du passé. Il y a le fantôme des occasions manquées et des illusions perdues, celui des paroles et des actes dont on a honte et enfin celui des humiliations subies.

Contrairement à Scrooge dans Un Conte de Noël de Dickens, on ne se réveille pas un meilleur homme après la visite de ces trois fantômes. 

ménage

J'ai fait du ménage sur Twitter. À part les anciens et les vrais amis, j'ai viré tous les comptes français. Je devrais ainsi être beaucoup plus serein quand je lis ma timeline, étant donné que les polémiques américaines me remuent beaucoup moins que les misères françaises. Je sais, c'est bizarre, mais c'est comme ça.

goûts musicaux

On peut dire qu'en matière de musique, j'ai vraiment très mauvais goût. Je ne sais pas ce qui a manqué dans mon éducation musicale pour que j'aie plaisir et réconfort à écouter ce qu'on appelle la musique populaire américaine, c’est-à-dire les genres Country, Americana, Folk, Bluegrass et tous leurs dérivés, ainsi que le Blues bien sûr. À ces genres, il faut bien sûr ajouter ce qu'on appelle le Pop/Rock des années 70, personnalisé par les Bob Dylan, Bruce Springsteen et autres Fleetwood Mac... Bien entendu je ne fais pas la fine bouche sur quelques producteurs de chefs-d’œuvres (du moins ce que je considère comme des chefs-d’œuvre) comme Frank Sinatra, George Gershwin, les crooners et le “musical” de Broadway, les musiques (Blues, Funk, Zydeco, Cajun) de la Nouvelle-Orléans comprises — et j'en oublie plein d'autres que j'écoute avec plaisir.

Il est probable que l'américanophilie dont je suis affecté me pousse à apprécier ces genres musicaux entre tous, au point de préférer le rock américain à l'anglais. J'ai toujours un peu honte à avouer que j'aime ces genres musicaux, surtout dans certains milieux intellectuels (que d'ailleurs je ne fréquente plus, comme ça, c'est réglé), mais aussi quand je suis en présence de véritables amateurs de musique. Je sens bien que j'ai des goûts de chiottes.

soyons positifs

Je m'apprêtais encore à écrire un billet courroucé contre la bêtise et la jalousie des gens et puis j'ai arrêté et effacé mon texte, persuadé que ce n'était qu'une énième affirmation de ma misanthropie et que ça n'avait d’intérêt que pour moi, celui de sortir ce que j'avais de plus en plus sur le cœur et qui n'était peut-être pas plus vrai que l'opinion contraire. Inutile et négatif, donc. Penser à autre chose.

s'échapper

Quelques fois, après dix-neuf heures, il m'arrive de braver le couvre-feu et de descendre rendre visite à la rivière, à 50 mètres de chez moi. Juste ça, une visite de courtoisie de 5 minutes. Et ça fait du bien au moral.

immonde

Je me lamente à longueur de temps sur l'état d'esprit de mes contemporains. Je ne peux plus les voir en peinture, mais je continue avec perversité à aller voir leurs conneries et leur haine brute, leur mauvaise foi sur Twitter. À chaque fois ça me met en colère ou ça m'afflige et je me dis avec culpabilité que je perds mon temps et que ça va finir par me filer un ulcère, mais j'y retourne, c'est un peu comme une drogue.

Prenez cette histoire de ministres participants à des bombances de luxe dans des restaurants clandestins. À ma connaissance il n'y a aucun ministre pris en flagrant délit, ni même aucun ministre dont il est prouvé qu'il a participé à un de ces festins. Mais à peine la rumeur a-t-elle été lancée qu'un grand nombre de gens la prend pour une réalité et la dénonce en la re-twittant, comme si c'était une vérité. Le dénonciateur se rétracte, mais le mal est fait : un mytho sort n'importe quelle connerie, elle est prise au sérieux par tous ceux qui y voient la confirmation de leur méfiance et de leur rage.

Comment peut-on vivre dans un monde pareil ? En coupant Twitter pardi ! A-t-on vraiment besoin de Twitter ? Non, la plupart du temps on s'en passe très bien et même ça fait gagner du temps (qu'on peut utiliser à écrire par exemple).

une graine de doute

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"Nous ne voyons vraiment pas le monde de la même façon."

Ça, c'est ce que vous disent les complotistes, raoultiste, antivaxx, anti-tout quand ils veulent mettre fin poliment à une conversation où vous opposez des arguments rationnels à leur délire.

D'un côté je pense qu'il est vain d'essayer de démentir leurs croyances avec des faits et des arguments raisonnables, mais je reste persuadé que ça peut introduire le doute dans leur raisonnement (ça peut, ce n'est pas certain et souvent, c'est peine perdue). Et que cette petite graine de doute implantée peut grandir.

D'un autre côté, comme Alice, "je me dis qu'il faut tout reprendre depuis l'âge du CP à peu près, et que c'est trop loin, trop difficile, trop humiliant à exposer, aussi. C'est irréparable." J'ajouterais : fatiguant. 

Covid zéro ou vivre avec

Photo by engin akyurt on Unsplash

 J’ai écouté notre premier ministre et je peux en déduire que si vous avez prévu quelque chose après le 6 mars vous pouvez oublier. Nous allons être probablement confinés strictement à partir de cette date.

Il y a deux écoles :

(1) L’école du “Covid Zéro” : il faut confiner dur et sévère pendant une courte période pour casser l’épidémie. Dès que le taux d’incidence est revenu à un niveau acceptable on ré-ouvre avec prudence tout en testant, traçant et isolant avec rigueur, jusqu’à disparition du virus.

(2) L’école de “Vivre avec le virus” : on laisse aller avec un confinement minimal avec mesures barrières jusqu’à un certain niveau, tout en vaccinant à grande vitesse.

J’alterne entre les deux écoles. Un jour, je suis contre le confinement, un jour, je suis pour le zéro Covid.

Si j’essaye de raisonner je me dis que du côté de l’école 1 :

  • Une telle mesure est délétère pour l’économie et le moral des citoyens.
  • Mais si elle appliquée une fois, et après on est débarrassé du virus ? N’est-ce pas mieux ?
  • Est-ce que cette mesure marche aussi bien qu’on le dit ? Elle a fonctionné sur des pays-îles comme la Nouvelle-Zélande, l’Australie, Taïwan, ou même la Corée du Sud qui est une presqu’île ou des pays autoritaires comme la Chine.
  • Il faut parallèlement vacciner à haute dose et ce n’est pas ce qu’on fait ou ce qui est possible de faire en ce moment dans notre pays.
  • Tout implique des mesures autoritaires : passeport vaccinal, confinement strict, traçage rigoureux, isolement strict obligatoire. — — Est-ce que le public est prêt à l’accepter ?
  • Est-ce efficace si tous les pays frontaliers n’en font pas autant ?

Si j’essaye de raisonner je me dis que du côté de l’école 2 :

  • OK, mais il faut absolument accélérer les vaccinations, ce n’est pas ce qui est fait actuellement.
  • Il faut accepter que l’hôpital soit saturé et que l’on reste à 300 morts par jour pendant longtemps.
  • Et les gens qui ne respectent pas les gestes barrières ? Que faut-il faire ?
  • L’incertitude sur l’avenir est-elle supportable ?

Perseverance

 Je ne sais pas si l'on se rend bien compte de l'exploit technique inouï à faire se poser sur Mars sans la moindre anicroche, le moindre bug informatique, à l'issue d'une procédure tellement complexe qu'elle parait invraisemblable, une sorte de petite voiture robotique, qui non seulement a d'abord inspecté (sans intervention humaine) le terrain sur lequel elle allait atterrir et choisi l'endroit le plus convenable pour ce faire, mais en plus s'est empressée, une fois au sol, d'envoyer sur terre une photo de son environnement immédiat!

Je suis un Boomer, qui a suivi de près toute l'aventure Gemini et Apollo, ça me remplit d'enthousiasme de voir ça.



bonheur d'être retraité

 Je suis bien content d'être retraité. Et ce malgré les entraves dues au Covid. Ne plus être obligé de penser au travail, ne plus être agacé par les contraintes du travail (comme faire des trucs chiants, ou subir des réunions interminables et inintéressantes, mais d'obligation), ne plus être stressé par le travail, vivre mes horaires un peu excentriques sans que ça ne gêne personne, franchement c'est agréable. J'ai même des moments d'euphorie, des moments où je me sens bien et heureux et la plupart du temps, même. Vivre en province, dans une ville calme, mais néanmoins animée, vivre non loin de la campagne (même si, en ces temps d'inondations mon univers naturel est un peu restreint), ça aide aussi à se sentir bien. J'ai attendu le plus longtemps possible pour prendre ma retraite (j'aurais pu partir à 57 ans, j'ai attendu 64) afin de m'assurer la meilleure pension possible (j'aurais pu avoir un peu plus si j'avais fait un an de plus, cependant, j'ai trouvé que ça suffisait comme ça, la balance ne pas être contraint à supporter le travail un an de plus versus gagner un peu plus par mois penchait du côté de la retraite). J'ai bénéficié sans le vouloir de la réforme Sarkozy de 2007, j'aurais été obligé de prendre ma retraite à 55 ans sinon, que je le veuille ou non et quelle que soit mon ancienneté ou le montant de la pension à recevoir, à l'époque il n'était pas question de faire du rab (ce qui avait pour résultat que les jeunes retraités se trouvaient un autre travail, à 55 ans on est encore apte à bosser)).

dans la forêt


J’envie un peu ma famille qui habite à la campagne quand ils me disent qu’ils vont tous les jours (temps permettant) marcher dans la forêt 8 ou 10 kilomètres. Il faut dire que la forêt est à dix mètres de leur maison. Je ne sais pas si j’aurais envie de marcher dix kilomètres tous les jours, ça me paraît un peu beaucoup ! J’aime la forêt en toute saison. Y marcher me procure un apaisement. Je me désole de voir les coupes claires qui y sont faites, mais c’est une forêt exploitée pour son bois et les arbres feuillus repoussent naturellement par cépées (depuis le pied), drageons (depuis les racines) et balivage (sélection des plus beaux rejets pour former de belles futaies). Les zones qui ont été coupées claires (sans qu’il reste un seul arbre) forment des taillis et restent moches une quinzaine d'années après la coupe, c’est triste. Il reste néanmoins beaucoup de zones de grands arbres dans la forêt de Chinon et ce sont évidemment ces zones que je préfère et où j’aime me balader.

débuts difficiles

 Ça fait maintenant un mois que je suis à la retraite et je n'ai pas encore trouvé une vraie occupation, ça commence à être ennuyeux. Bien sûr le Covid-19 y est pour quelque chose. Difficile de faire des projets (de voyage, par exemple) quand on ne sait pas quand on pourra les réaliser et même si on pourra les réaliser un jour. Pas facile de s'impliquer dans une activité car tout est fermé, tout ou presque est stoppé. Pas simple de faire des activités physiques en groupe comme la randonnée, le yoga, car là aussi tout est à l'arrêt (sans compter que mes lieux de balades préférés sont inaccessibles car inondés et que ça ne sera pas demain que mes chemins seront praticables). Bibliothèques et musées sont fermés ou au ralenti. Pas de spectacle, peu d'activités culturelles. On est en hiver et avec un couvre-feu à 18 heures, donc les possibilités de sorties sont limités, tout comme, en respectant les "gestes barrières", celles de socialisation. Avec ça la fatigue pandémique incite plutôt à se renfermer sur soi-même, chez soi. Je rêvais d'être à la retraite pour faire ce que je voulais quand j'en avais envie, sans avoir à prendre des congés ou attendre le weekend, je suis désormais à la retraite, mais bien moins libre que je le prévoyais. Je ne reste pas inactif, mais je sors peu, je fais peu d'activités physiques, je lis beaucoup, mais je ne retiens pas grand-chose et c'est frustrant. Je m'agace un peu trop avec les réseaux sociaux. Le couvre-feu est moins contraignant qu'un confinement, certes, mais il est très contraignant quand-même surtout pour moi qui suis du soir.

 Vivement que le printemps arrive, que le couvre-feu soit levé, qu'on soit vaccinés, que les cafés rouvrent et qu'on puisse reprendre une vie normale.

ubi sunt

 Nous n'avons pas besoin de plus d'essais bien écrits. Nous avons besoin de plus d'articles de blog, de plus d'entrées de journal, de plus de personnes partageant ce qui se passe dans leur vie, ce qui les rend heureux ou tristes... De 1997 à 2001 environ il y a eu les online diairies et puis ils ont disparus, ensuite il y a eu les blogs persos et puis ils ont presque tous disparus à leur tour. Qu'est-ce qui les a remplacés ? En partie Facebook et Twitter, mais c'est loin d'être équivalent. Je regrette fort ces temps-là. J'ai découvert Internet par les online diairies, j'ai été parmi les premiers blogueurs français. Parfois je me demande ce que sont devenus les gens que je suivais à l'époque, je m'étais attaché à certain d'entre eux, certains ont disparus, d'autres laissent des traces de temps en temps. Je voudrais qu'on revienne à ce qui faisait que le web était un endroit de partages et d'amitiés, un endroit inspirant.