Consolidé



Depuis quelques heures je n'ai plus le corset torso-cervical que j'ai porté quatre mois.  J'ai le cou raide comme si j'avais le torticolis et je ne peux guère tourner la tête. Mais je n'ai pas de douleurs. J'ai mis, mais je n'étais pas obligé, un collier cervical en mousse et tissu, souple que j'ai acheté dans une pharmacie. C'est très confortable pour mon cou affaibli par quatre mois de soutien intégral et ma tête me parait moins lourde ainsi. La visite chez le neurochirurgien du CHU d'Angers a duré sept minutes. Le temps qu'il me dise que je n'avais plus besoin du corset et qu'il fallait que je me fasse prescrire des séances de kiné par mon médecin traitant. La vertèbre n'est pas totalement réparée mais  la consolidation existante est suffisante, s'il fallait attendre la consolidation complète on devrait attendre six mois au moins.  Donc voilà : quelques secondes d'inattention, un plongeon bille en tête sur un sol dur du haut de mon mètre quatre vingt dix, urgences hospitalières, deux mois et demi d'hôpital en réadaptation, un mois et demi à la maison, en tout cinq mois d'arrêt de travail.

J'en garde une grande estime pour le service public hospitalier français et ses personnels. J'ai, grâce à cet accident, eu l'occasion de rencontrer plein de gens faisant preuve de bienveillance ordinaire (de cette "common decency" dont parlait Orwell), simplement gentils, compatissants sans apitoiement, attentionnés sans être envahissant, généreux sans excès, ne demandant rien en retour de leurs bonnes actions, ce qui a pas mal atténué ma misanthropie (Marie & Hubert, Fabienne & Françoise, Florence, tout le personnel soignant du SSR de l'Hôpital de Chinon, Emilie (enseignante APA), Patrick (kiné), ma famille chinonaise, grâce vous soit rendue).

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