Chronique campagnarde

Il fait gris et humide mais le soleil se pointe un peu et la météo indique qu’on va avoir de belles éclaircies. J’ai rempli mes tâches ménagères matutinales en ne me levant qu’à 9 heures un quart. Je me suis levé à 8 heures pour me rendre compte que le jour n’en avait pas fait autant. Je me suis recouché jusqu’à 9 heures. Les feuilles mortes partout par terre, en plus des pommes tombées à certains endroits, m’agacent. Je trouve que ça fait moche. Et triste. Je n’ai pas le temps de les ramasser ou de les ratisser, pendant ce séjour. Je veille au bien être des animaux qui me sont confiés : les trois moutons d’Ouessant, les deux poules et le coq nain, l’oie et les chats. C’est la raison de ma présence ici. C’est un troc, je profite de la maison à la campagne, en pour je veille aux bien-être de la ménagerie. Je m’acquitte de cette mission avec soins. Les moutons n’ont pas grand-chose à brouter dans leur pré, à cause de la sécheresse, l’herbe ne pousse guère. Hier je les ai vu croquer des glands tombés. Je leur donne des feuilles de charmes, de noisetiers et de tilleuls. Des branches entières que je coupe à la scie et que je dépiaute ensuite pour leur donner à manger les rameaux et les feuilles. Je leur distribue aussi, un par un, du pain dur. Et des pommes tombées coupées en petits morceaux. Je me suis rendu compte que la brebis n’aimait pas certaines pommes. Les autres, le bélier et son fils sont moins difficiles. Sauf pour le pain dur, les moutons ont le goût très délicat. Ils reniflent d’abord longuement ce que je leur donne et le goûtent du bout des lèvres. Quand je leur donne des feuilles ils en mangent une par-ci par-là, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus, mais jamais ils ne mangent toutes les feuilles d’un rameau systématiquement. Ils font ça pour tout, l’herbe, les glands, les quartiers de pommes. Ils ne sont pas du genre à désertifier un secteur de leur pré, non, ils ont le broutage ambulatoire, ils broutent en se baladant. La volaille demande peu de travail. Les poules ont l’air d’être à l’aise, elles pondent régulièrement, c’est tout ce qu’on leur demande. J’aime bien le petit coq. Il est tout petit et il a des plumes aux pattes, presque plus de voix (il est très vieux). Il est craintif et très peu actif. Il sort du poulailler une heure après tous les autres et il retourne se coucher à trois heures de l’après-midi. Il pousse de petits cris plaintifs dès qu’on fait mine de s’approcher de lui. Je le dérange tous les jours pour prendre les œufs, car il a élu domicile dans le nichoir, c’est son lit. Il me laisse faire sans autre réaction que ses petits cris plaintifs. Le vieux chat a beaucoup de besoins. Sa pâtée matin et soir, ses médicaments (l’un pour son arthrose le matin, l’autre pour sa tension le soir), ses cacas à nettoyer quand il s’oublie sur le carrelage, et les câlins exigés deux fois par jour, au moins. L’autre chat est jeune et à moitié sauvage, il ne vient que pour manger. Ce soir retour à Paris, les proprios reviennent.