Violence légitime

Mes deux centimes sur certains événements récents.

Le Procureur général François Molins a dit un jour : « Une violence commise contre un policier et une violence commise par un policier ne peuvent pas être mis sur le même plan. Toute violence commise contre un policier est par nature illégitime. Une violence commise par un policier n'est pas forcément illégitime... elle peut même être légitime si elle est nécessaire à la mission de paix et d'ordre public, ou pour interpeller un délinquant. Elle ne devient illégitime que si elle n'est pas proportionnée ». 

L'Etat possède le monopole du maintien de l'ordre public ou du rétablissement de l'ordre public, c'est donc l'Etat qui détient le monopole de la violence légitime. Donc si l'Etat délègue le maintien ou le rétablissement de l'ordre public à la police celle-ci devient détenteur du monopole de la violence légitime. Dans une démocratie, la légitimité de cette violence est fondée sur la conformité au droit et à l'équité, elle-même définie par la raison, le bon sens, la justesse et la mesure, en deux mots il faut donc que cette violence soit légale et proportionnée. Ce sont les limites à l'intérieur desquelles s'exerce la violence légitime. Qui juge de cette légalité et de cette proportionnalité ? La Justice et personne d'autre. Et surtout pas les participants à une manifestation ou les délinquants eux-mêmes.

Si on considère que les manifestants ou les délinquants et les policiers sont à armes égales, c'est à dire que les uns et les autres sont légitimes à employer la violence pour parvenir à leurs fins, c'est la porte ouverte à la guerre civile ou à la guerre des gangs (la police étant considérée comme un gang comme un autre).

Lorsque survient une arrestation, la personne arrêtée subit une contrainte physique qui peut être importante et spectaculaire selon le degré de résistance de la personne arrêtée à la contrainte physique, ou selon le contexte de l'arrestation. De même lorsque des personnes commettent des exactions contre les policiers ou du vandalisme ou encore refusent de se disperser lorsque l'ordre au nom de la loi leur en est donné, la police peut exercer un certain degré de violence à leur encontre, par des armes non-létales en général ou par une contrainte physique. Jamais cette réponse policière ne doit être disproportionnée par rapport à la gravité de l'infraction commise. Toutefois dans certaines circonstances cette proportionnalité peut-être difficile à apprécier par les policiers. Il faudra donc dans certains cas que la justice examine l'ensemble des faits et des circonstances. 

Il est donc imprudent et malsain de se baser sur des images forcément partielles et vues avec du recul par rapport à l'événement. Et ce, dans les deux sens.

Cas de George Floyd : infliger des sévices tels qu'ils entraînent la mort d'une personne arrêtée pour une infraction (quelle qu'elle soit) est évidemment disproportionné, illégal et illégitime.

Cas de l'infirmière de l'esplanade des Invalides : la contrainte exercée sur cette femme ne me semble pas disproportionnée vu les infractions qu'elle a commis avant et surtout vu le contexte et sa résistance à l'arrestation, mais je ne suis pas un bon juge de cette proportionnalité et personne d'autre ne devrait l'être. L'arrestation ne me semble pas illégale. En tout cas aucune justification ne peut être trouvée aux actes (même s'ils sont mineurs) de violence qu'elle a commis envers les FDO car ils sont forcément illégitimes. La Justice aura à se prononcer.

Cas du jeune qui force un barrage ou échappe à un contrôle avec un véhicule volé et a un accident mortel en cherchant à fuir la police : pas d’ambiguïté ici, la police n'a exercé aucune violence illégitime, agissait dans le cadre de la loi et n'a pas directement causé la mort.

Ma vie palpitante

¶ Oh que je déteste Paris ! Je suis tellement content de ne plus y habiter et de rentrer le soir à Angers. Et content aussi de n'avoir plus que six mois à aller dans cette ville pour y travailler. Aujourd'hui j'ai fait la lettre de demande de bénéfice de mes droits à la retraite. Le sort en est jeté. Le quatre janvier prochain je serai retraité des chemins de fer ! Je ne regrette absolument pas et je pars avec joie. J'ai travaillé 38 ans dans cette boite et j'en ai vu des vertes et des pas mûres. Il est temps de tirer un trait, je suis serein pour l'avenir.

¶ En ces temps de pandémie et jusqu'au mois de septembre je suis tenu d'être présent au bureau un jour par semaine. Le reste de la semaine je suis en télétravail. En fait le mercredi je suis aussi en télétravail mais au bureau ! Les réunions se font avec TEAMS, de toute façon il n'y a que 30% des effectifs à la fois dans les bureaux et je suis seul dans le mien où l'on est quatre en temps normal ! C'est une situation absurde. Je me tape 600 kilomètres et trois heures de TGV (aller-retour) (et le métro) pour ne rien faire de plus ou de mieux que ce je peux faire à la maison. Mais cette journée n'est tout de même pas tout à fait inutile et désagréable puisque je retrouve mes copains gendarmes (et accessoirement le propriétaire de mon appartement à Angers) et nous déjeunons ensemble.

¶ En 2017 j'ai fait la commande d'un chéquier à ma banque, ce chéquier ne m'est jamais parvenu ou bien (Paris, 18ème !) a été volé dans ma boite aux lettres ! J'ai fait immédiatement opposition (en 2017) sur tous les chèques du chéquier en question. La semaine dernière ma banquière m'avise que deux chèques, l'un pour un montant astronomique, ont été déposés pour être encaissés. Je n'ai pas de soucis, les chèques sont en opposition. Mais pour être tranquille j'ai porté plainte auprès du procureur de la République d'Angers.

¶ Peu de monde dans le train et tous masqués (le contrôleur, pardons, l'Agent Commercial Train (ACT) y veille !) et les voyageurs sont prévenus qu'ils risquent une amende de 135 € s'ils ne portent pas un masque. J'ai remarqué un port du masque assidu dans le métro, ce qui tranche avec le Tram d'Angers où c'est plus relâché. Par contre dans la rue parisienne le masque c'est l'exception (comme à Angers).

La crise sanitaire est-elle terminée ?

Depuis le début de cette crise sanitaire je lis énormément de choses sur l'épidémie de Covid 19, ce qui permet de me faire une idée, qui vaut ce qu'elle vaut (je ne suis ni médecin ni épidémiologiste) et qu'il faut prendre uniquement pour ce qu'elle est : l'opinion informée d'un amateur et citoyen comme les autres. 

Je pense (mais je me trompe peut-être) que cette épidémie n'est pas terminée et qu'elle est loin d'être terminée. Donc retourner aux comportements qui avaient cours avant l'épidémie me semble être exclu. On voit en France tous les jours apparaître des foyers de contamination. Dans plusieurs pays, comme la Chine, on voit réapparaitre la circulation rapide du virus. De nombreux pays de l'hémisphère sud voient le virus faire des ravages. Aux Etats-Unis le virus réapparaît dans les Etats qui soit avaient déconfiné trop tôt soit n'avaient pas été touchés ou à peine jusqu'à maintenant.

En France nous déconfinons à pas prudents mais déterminés.

J'observe que presque plus personne n'applique les fameux gestes barrières et ne porte plus de masque en public et en particulier dans les lieux clos. Les gens se sentent libérés et ont de moins en moins peur du virus. Je trouve ça très inquiétant.

Je comprends que le gouvernement veuille rouvrir le pays et même accélérer cette ouverture et j'approuve cette politique dans la mesure où le port du masque est respecté, que les gestes barrières et la distanciation sociale sont appliquées. Or je pense que ce n'est pas le cas ou pas partout.

Le SARS-Cov 2 est encore mystérieux. On entrevoie seulement comment ils se répand. On ne saisit pas encore complètement ce qu'il fait aux organes. On ne sait pas encore, bien qu'on commence à avoir une idée, si avoir eu la COVID immunise contre et surtout pendant combien de temps. 

Sur l'éventuel vaccin on ne sait pas combien de temps il nous immunisera. Il est possible qu'on ait a se faire vacciner tous les six mois ou tous les ans. J'apprends avec effarement qu'un Français sur quatre refuserait de se faire vacciner. J'avoue que ça me dépasse ! Si seulement trois Français sur quatre est vacciné qu'en est-il de l'immunité de groupe ?

En ce qui me concerne j'appliquerai les mesures suivantes jusqu'à nouvel ordre :
- port du masque dans tous les lieux publics et les transports,
- je ne fréquenterai aucun lieu où il y a du monde à touche-touche, sauf en dehors des heures de pointe ou en terrasse. Ces lieux étant : les cinémas, les bistrots, les restaurants, les salles de spectacles, les musées et expositions,
- respect des gestes barrières et de la distanciation sociale dans les lieux publics,
- en ce qui concerne le bureau, ça ne pose pas de problèmes pour le moment, je n'y suis présent qu'une fois par semaine et les consignes (respectées) sont telles que ça ne risque quasiment rien (sauf si le virus est radio-actif, oui on en est presque là !).

Masques

Le port du masque chirurgical ou en tissu est devenu l'exception ici à Angers, même à l'intérieur des magasins. Je reste donc cette exception et je mets mon masque avec encore plus d'ostentation qu'il y a une semaine. Et voir tous ces gens sans masques dans les allées du SuperU me donne des envies de distribution de baffes. Il y a encore un mois ils se plaignaient du manque de masques, maintenant qu'il y en a partout en vente ils ne les portent pas.  Quant aux mesures barrières et de distanciation sociale c'est complètement oublié. Je souhaitais que le masque en public soit obligatoire dès qu'on se sent un peu enchifrené et que les bises et serrages de mains soient oubliés (je serais prêt à les remplacer par la courbette à la nippone), je crois que je peux toujours me brosser

Des idées

"Je n'ai pas beaucoup d'idées, en tout cas pas régulièrement. Je n'ai pas énormément d'imagination non plus. Je rechigne encore davantage à théoriser, et c'est souvent un fiasco." Ces mots de Florence Aubenas s'appliquent à moi sans aucune nuance.

J'admire les gens qui ont des choses intelligentes à dire sur tout ce qui se passe dans le monde. J'admire ceux qui peuvent soutenir une conversation par écrit (par exemple sur Facebook) en argumentant honnêtement sur un sujet donné, moi j'en suis incapable la plupart du temps. Je connais beaucoup de choses sur quelques sujets (en général obscurs et qui n'intéressent personne), sur le reste j'ai une bonne culture générale mais très superficielle. Je suis trop émotif quand je discute avec quelqu'un qui est de mauvaise foi, ça me fait sortir rapidement de mes gonds. Je n'ai pas de valeurs bien ancrées et je déteste le dogmatisme. Mes opinions sont bien souvent à géométrie variable et comme telles, j'hésite à les coucher par écrit car une fois écrites et publiées elles me semblent gravées dans le marbre. Je ne vois aucun intérêt à répéter ce que tout le monde sait déjà et j'ai rarement des idées originales qui valent la peine d'être exprimées. Mon imagination est défaillante (sauf dans mes rêves). Il faut bien le dire, la plupart du temps je me range à l'avis général ou du moins à celui des gens en qui j'ai confiance sur le plan des idées. Je suis désespérément modéré voire tiède, j'ai horreur du dogmatisme et de la radicalité, je me méfie des idéologies.

Je suis donc un mauvais blogueur d'opinion, bien que j'aie essayé plusieurs fois de l'être : échec la plupart du temps. Il vaut beaucoup mieux pour moi que je m'en tienne à relayer la pensée des meilleurs que moi et que je ne parle que de ce qui m'est un peu personnel ou de mon expérience de certaines choses comme la musique, les livres, les lieux qui me tiennent à cœur, et toutes ces sortes de choses.

Raoult

J’ai regardé l’interview de Didier Raoult par David Pujadas, hier, sur LCI.

Ce type (Raoult) est imbu de lui-même à un point inouï. C’est le typique alpha-mâle qui ne supporte pas qu’on mette son autorité en doute et qui écrase ses contradicteurs plutôt qu’user d’arguments. Il m’est extrêmement antipathique, ayant eu à faire dans ma vie à beaucoup de gens comme lui, je peux dire que ce genre de personne est à fuir. Il est clair qu’il est très intelligent et qu’il connait parfaitement son sujet, mais ce qui ne va pas chez lui, comme pour beaucoup de gens dans son genre, c’est un problème de caractère, pas de capacités cognitives. Une pathologie de l’intelligence émotionnelle. Son ton condescendant à l’extrême envers David Pujadas, n’hésitant pas à le faire passer pour un débile, m’a gêné pour Pujadas et à travers celui-ci pour les auditeurs de cette interview. Mais David Pujadas est resté calme (et mielleux) jusqu’au bout, et il a eu raison, car le comportement désagréable de Raoult a montré sa vraie nature.

Crash de Karachi

On en sait un peu plus sur l'accident du A320 de la PIA à Karachi. Il semble que les pilotes auraient essayé de se poser sans déployer le train d’atterrissage (mais ils n'ont pas signalé qu'ils avaient un problème avec leur train donc oubli ?). Les moteurs de l'avion auraient raclé le sol de la piste (ainsi qu'en témoigne les traces noires observées sous les capots moteurs et les traces de frottement sur la piste) avant que les pilotes n'engagent un go-around  — c'est à dire : remettent les gaz pour reprendre de l'altitude. Cet incident aurait endommagé le réservoir d'huile moteur et les pompes à kérosène d'où la panne simultanée des deux moteurs.  

Par ailleurs les pilotes semblaient quelque peu distraits avant la première tentative atterrissage, n’exécutant pas deux ordres du contrôle aérien de changer d'altitude. Ainsi à 14h30, l'avion se trouvait à 15 miles nautiques de Karachi, volant à une altitude de 10 000 pieds au-dessus du sol au lieu de 7 000 lorsque le contrôle aérien a donné son premier avertissement au pilote pour qu'il baisse l'altitude de l'avion. Au lieu d'abaisser l'altitude de l'avion, le pilote a répondu qu'"il était satisfait". Alors qu'il ne restait plus que 10 miles nautiques jusqu'à l'aéroport de Karachi, l'avion était à une altitude de 7 000 pieds au lieu de 3 000 pieds. Le contrôle du trafic aérien a donné un second avertissement au pilote pour qu'il abaisse l'altitude de l'avion. Cependant, le pilote a répondu à nouveau en déclarant qu'il était satisfait et qu'il gérait la situation, puis en disant qu'il était prêt à atterrir.

Connais-tu bien Bill Gates ?

Au fait, si Bill Gates voulait vous suivre, pensez-vous vraiment qu'il utiliserait quelque chose d'aussi primitif que des puces électroniques ? Allons donc ! Les micropuces sont pour les chats de compagnie. Il utiliserait des nanobots dans le vaccin, ce qui lui permettrait de contrôler votre esprit ainsi que de suivre chacun de vos mouvements (et cerise sur le gâteau, vous serez capable de donner des ordres à Cortana de Windows rien qu'en y pensant). Elon Musk ? Est-ce que vous croyez que les mini-satellites Starlinks sont envoyés en orbite pour des prunes ?
(Un peu piqué à Kevin Drum)

Crash d'un A320 de la PIA

Un airbus A320 de la compagnie Pakistan international Airlines (PIA) s'est écrasé dans un quartier résidentiel de Karachi, la capitale du Pakistan. L'accident s'est produit à proximité de de l'aéroport international Jinnah de Karachi. Il y avait 99 passagers et huit membres d'équipage. Le vol PK 8303 était en provenance de Lahore la deuxième ville du pays.

L'avion a dû faire demi-tour en première approche à cause de problèmes de train d'atterrissage signalés par les pilotes. L'avion était guidé pour l'atterrissage lorsque soudain, les pilotes ont signalé une panne de moteur. L'approche de Karachi a autorisé PK8303 à atterrir sur n'importe quelle piste. Lors de l'appel final, les pilotes ont déclaré un "mayday" avant de s'écraser à 1 km de la piste.

Sur la photo ci-dessous, prise quelques instants avant le crash on voit très bien les traces noires sous les capots moteurs indiquant un incendie et (moins visible) la RAT (Ram Air Turbine) déployée sous le fuselage ce qui indique une panne moteur.

Hypothèse : une double birdstrike ?

Salade de saison

¶ Angers a élu son maire (sortant, droite LREM compatible) au premier tour des élections municipales. Angers est une ville de centre-droit. Angers est modérée en tout. Par exemple : nous sommes déconfinés depuis quinze jours mais je n'ai pas vu plus de monde dans les rues que pendant la période de confinement, c'est à dire très peu de monde. Angers est une ville calme, à part le centre-ville et quelques banlieues. Angers est une ville bourgeoise de droite modérée avec beaucoup de belles maisons anciennes abritées derrières de hauts murs de lauze (le schiste bleu étant la pierre du pays, dont on a longtemps fait des ardoises).

¶ Sorti aujourd'hui pour aller faire quelques courses. La pharmacie a des masques ! J ai acheté un paquet de 50 masques chirurgicaux. Je portais un des masques en tissus fabriqué par ma belle-sœur je l'ai changé immédiatement pour un masque chirurgical : la différence c'est qu'avec le masque en tissus j'avais du mal à respirer, avec le masque chirurgical plus aucun problème pour respirer. 

¶ Peu de gens ont des masques dans la rue, ici à Angers. Environ la moitié, à vue de nez. Au Carrefour City près de chez moi on n'exige pas un masque pour rentrer. A l'intérieur du CHU (notre hôpital est très vaste et je traverse ses jardins entre les divers bâtiments pour aller faire mes courses) tout le monde porte un masque, c'est exigé. 

¶ Mon entreprise a décidé de nous faire reprendre le travail au bureau, à partir du huit juin, deux jours par semaine (le reste à la maison) jusqu'au 2 septembre. Encore sept mois à faire avant la retraite !

¶ Le docteur Raoult a mis un beau bordel en présentant ses remèdes comme des médicaments miracles contre la COVID 19. Les études tombent les unes après les autres : non seulement son traitement ne fonctionne pas mais en plus il met en danger les malades dans certains cas. Je ne suis pas pour qu'il soit traduit en justice ou même radié de l'ordre des médecins, qu'il soit discrédité suffira. Malheureusement je ne crois pas que ses adeptes soient prêt à admettre qu'il s'est trompé et qu'il a fait un tort considérable à la médecine.

Dix neuf ans

Je blogue depuis dix neuf ans. J'ai ouvert mon premier blog Douze Lunes (toujours en ligne) en mai 2001. J'étais un pionnier, un des premiers blogueurs français. Avec le temps et mes envies j'ai eu plusieurs blogs successifs (je ne suis pas très persévérant) : L'Homme que marche, dont il ne reste rien, et puis Mnémoglyphes, qui a eu plusieurs avatars et qui est un peu abandonné depuis que Facebook a remplacé les blogues.

Récemment j'ai eu envie de faire migrer Mnémoglyphes sur un site Wordpress mais cette expérience ne m'a pas donné la satisfaction espérée. Alors certes Blogger n'est quasiment plus maintenu mais j'y suis habitué. J'ai acheté un nom de domaine Google Domain, certainement la façon la plus économique d'obtenir un nom de domaine (12 € par an) et j'ai migré mon ancien blog sur ce nom de domaine.

Alors c'est sûr qu'à chaque fois que je change je perds des lecteurs mais je m'en fiche un peu car j'ai vraiment peu de lecteurs et car les lecteurs sur lesquels je compte vraiment (à part un ou deux) sont tous sur Facebook.

R0

Le bloggeur David Louapre explique très clairement comment des mesures de distanciation sociale peuvent venir à bout d'une épidémie.

« Il y a un effet de seuil monstrueux. Pour éteindre une épidémie de façon « naturelle », il faut que le R0 soit sous le seuil fatidique de 1. Alors combien vaut le R0 dans le cas du Covid-19 ? On n’en sait rien exactement. Probablement entre 2 et 4.
Mais comme vous le voyez, cette valeur n’est pas intrinsèque à la maladie, elle dépend de facteurs comportementaux : combien de contacts quotidiens, quelle probabilité qu’une transmission ait lieu.
En adoptant des mesures de distanciation sociale (moins de contacts, se tenir plus loin, hygiène, suppressions des rassemblements et réunions inutiles, fermeture des établissements scolaires, télétravail, etc.), on peut très facilement faire baisser le R0.
Et le point clé ici, est que le bénéfice ne sera pas du tout proportionné à l’effort. Si on en fait suffisamment pour passer rapidement sous le seuil, c’est gagné.
Imaginons que le R0 soit initialement de 2,5. C’est une hypothèse raisonnable pour le Covid-19. Si on arrive à le diviser par 4 on bloque très très vite la propagation de l’épidémie.
Diviser le R0 par 4 est loin d’être inaccessible : cela peut vouloir dire par exemple avoir 2 fois moins de contacts, et faire en sorte que la probabilité de transmission soit divisée par 2 (par une distance plus importante et une attention particulière à l’hygiène.) »

 Vous savez ce qu'il vous reste à faire !

Autruches

Certaines personnes sont très anxieuses à propos du coronavirus. Malgré les apparences ce n'est pas mon cas. Je suis préoccupé, intéressé, je m'informe et je prends l'épidémie très au sérieux mais je ne suis ni inquiet ni, encore moins, angoissé. En ce qui concerne mon cas personnel je ne suis pas "à risque" et donc je n'ai pas peur d'attraper la maladie, de plus être confiné à la maison ne changerait pas beaucoup mes habitudes.

J'ai remarqué que les gens vraiment inquiets se plaignent qu'on parle trop de ce virus et que cette insistance les angoisse, trouvent que "ça tourne à la psychose" (c'est ce qu'on m'a déclaré) et, paradoxalement, ne font rien pour l'éviter. Ils adoptent la technique de l'autruche qui ne fait que postposer un problème qui pourrait aggraver leur anxiété.

(Au passage : les autruches n"enfouissent pas leur tête dans le sol quand elles ont peur, il paraît qu'elle se couchent seulement sur le sol pour faire comme si elles disparaissaient entièrement !).

Attitudes

Au bureau j'observe trois types de comportements face à la menace du COVID-19 :
1) ceux qui sont dans le déni total, ce sont ceux qui refusent de s'informer et ceux qui considèrent que les choses sont très exagérées (et souvent les deux à la fois).
2) les attentistes : ils sont un peu inquiet mais ont confiance dans les autorités ou bien ont peur d'être pris pour des mauviettes. Ils font l'autruche.
3) les alarmistes : en minorité, ils mettent en garde contre l'épidémie et la gestion de celle-ci, ils suggèrent que tous ceux qui le peuvent se mettent en télétravail jusqu'à nouvel ordre, entre autres mesures.

Je fais partie de la troisième catégorie, tout en n'insistant pas trop afin de ne pas être pris pour a) un fou, b) un poltron, c) un emmerdeur. Les collègues de la première catégorie ont une réaction agacée ou amusée à mes recommandations. Ceux de la deuxième catégorie font semblant de ne pas m'écouter. A ma grande honte rétrospective j'avoue qu'il m'arrive de souhaiter que l'épidémie atteigne sévèrement la première catégorie !

J'ai des doutes

Plus je lis de textes sur le Covid-19 moins je suis optimiste et plus je deviens alarmiste. C'est normal, je crois, il faut que je relativise. N'empêche : je pense qu'il faut repousser les élections municipales de six mois, ce n'est pas raisonnable de les tenir dimanche et le dimanche d'après. Je pense aussi qu'il faut appliquer des mesures de distanciation sociales beaucoup plus strictes dans le but, toujours le même, d'aplatir la courbe des contaminations. Mieux vaut être un peu ridicule et passer pour un poltron que de favoriser une épidémie ravageuse.

Voici d'ailleurs la traduction en français d'un article dont la lecture en anglais m'a beaucoup (trop) marqué.

COVID-19

Coronavirus : une aubaine pour les critiques systématiques du gouvernement de gauche et de droite. Pour eux c'est magnifique cette épidémie ! Rappelons quelques faits qui devraient être des évidences :
- Le taux de mortalité est établi à partir du nombre de cas détectés et non à partir du nombre de cas total, or une grande part des cas ne sont pas détectés, en particulier parce qu'il y a beaucoup de cas asymptomatiques ou dont les symptômes sont faibles.
- La grippe "normale" fait entre 7 et 10 000 morts par saison en France.
- Fermer les frontières ne sert strictement à rien vu le nombre de cas hors de Chine détectés depuis l'arrêt des communications avec ce pays.
- La panique ne sert qu'à une chose : encombrer les services d'urgence qui n'ont pas besoin de ça et aggraver la situation économique du pays.

Marcher

Je vais voir le médecin pour qu'il me prescrive de la kinésithérapie. Il n'y a personne au cabinet médical, il a le temps, alors il parle, il à l'air de bonne humeur, il s'écoute un peu parler en fermant les yeux. Je lui parle de mon expérience à l'hôpital. Je lui fait part des idées qui me sont venues sur le corps, les muscles et la douleur, il à l'air intéressé. Du coup je le trouve plus sympathique et plus attentif que lors de mes précédentes visites.

Débat sur les retraites : je n'ai pas d'opinion, je ne me sens pas concerné. Certes je dois partir en retraite dans un an et j'aurai une bonne pension, c'est peut-être pour cela. Mais aussi parce que les débats politiques ont fini par me fatiguer et de plus en plus je m'en désintéresse : trop de mauvaise foi de toute part, d’exagérations, de joie mauvaise, d'égoïsme masqué par une façade altruiste et morale.  Et puis cette impossibilité de convaincre,  les gens tiennent plus à leur opinions qu'aux faits et à la raison.

Le simple fait de marcher ne va pas de soi. C'est même un petit exploit d'y arriver. Pour marcher il faut que les muscles qui agissent contre la gravité aient un tonus suffisant pour assurer la verticalité du corps. Il faut avoir un modèle cognitif de la verticalité (en gros savoir qu'on est vertical et maintenir la position), c'est l'oreille interne et la vision qui nous permettent cela. Il faut que le cerveau commande l'action aux muscles des membres inférieurs. Il faut une capacité de propulsion (la marche) qui fonctionne correctement et commande les diverses positions du pied, du genou, de la hanche avec précision et automatisme. Il faut que la posture soit bien stabilisée pour permettre l'équilibre monopodal alternatif (le poids sur la jambe gauche et alternativement sur la jambe droite), le maintien de cet équilibre fait fonctionner, mine de rien, plein de secteurs du cerveau comme le cortex frontal, le cortex pariétal, le cervelet, etc.  Il faut aussi des capacités respiratoires suffisantes et des capacités de navigation dans l'espace. Mon enseignante APA (Activité Physique Adaptée), à l'hôpital, me faisait marcher en fermant les yeux, j'étais stupéfait à chaque fois par ma dérive, je partais systématiquement vers la gauche.

Consolidé



Depuis quelques heures je n'ai plus le corset torso-cervical que j'ai porté quatre mois.  J'ai le cou raide comme si j'avais le torticolis et je ne peux guère tourner la tête. Mais je n'ai pas de douleurs. J'ai mis, mais je n'étais pas obligé, un collier cervical en mousse et tissu, souple que j'ai acheté dans une pharmacie. C'est très confortable pour mon cou affaibli par quatre mois de soutien intégral et ma tête me parait moins lourde ainsi. La visite chez le neurochirurgien du CHU d'Angers a duré sept minutes. Le temps qu'il me dise que je n'avais plus besoin du corset et qu'il fallait que je me fasse prescrire des séances de kiné par mon médecin traitant. La vertèbre n'est pas totalement réparée mais  la consolidation existante est suffisante, s'il fallait attendre la consolidation complète on devrait attendre six mois au moins.  Donc voilà : quelques secondes d'inattention, un plongeon bille en tête sur un sol dur du haut de mon mètre quatre vingt dix, urgences hospitalières, deux mois et demi d'hôpital en réadaptation, un mois et demi à la maison, en tout cinq mois d'arrêt de travail.

J'en garde une grande estime pour le service public hospitalier français et ses personnels. J'ai, grâce à cet accident, eu l'occasion de rencontrer plein de gens faisant preuve de bienveillance ordinaire (de cette "common decency" dont parlait Orwell), simplement gentils, compatissants sans apitoiement, attentionnés sans être envahissant, généreux sans excès, ne demandant rien en retour de leurs bonnes actions, ce qui a pas mal atténué ma misanthropie (Marie & Hubert, Fabienne & Françoise, Florence, tout le personnel soignant du SSR de l'Hôpital de Chinon, Emilie (enseignante APA), Patrick (kiné), ma famille chinonaise, grâce vous soit rendue).

Quid pro quo

L'ambassadeur Sondland reconnait qu'il y a eu quid pro quo.

Toutefois Sondland explique que Trump voulait seulement que Zelensky annonce une enquête sur Burisma (dont Hunter Bidden était membre du conseil d'administration) (pour pouvoir contrer le père de Hunter Bidden, Joe Bidden) et non qu'il fasse une telle enquête. Il déclare que le quid pro quo était uniquement lié à l'invitation de Zelensky à la Maison Blanche et non à la livraison d'armement à l'Ukraine (c'est son point de vue). Pas sûr que ça vaille une inculpation pour Trump. Par ailleurs Sondland implique tout le monde dans cette machination dont le ministre des affaires étrangères Mike Pompeo.

Voici un extrait de sa déclaration liminaire devant la Commission du Renseignement de la Chambre des Représentants (traduction en dessous) :

"I know that members of this Committee have frequently framed these complicated issues in the form of a simple question: Was there a “quid pro quo?” As I testified previously, with regard to the requested White House call and White House meeting, the answer is yes.

Mr. Giuliani conveyed to Secretary Perry, Ambassador Volker, and others that President Trump wanted a public statement from President Zelensky committing to investigations of Burisma and the 2016 election. Mr. Giuliani expressed those requests directly to the Ukrainians.

Mr. Giuliani also expressed those requests directly to us. We all understood that these pre-requisites for the White House call and White House meeting reflected President Trump’s desires and requirements."

Traduction : "Je sais que les membres de ce Comité ont souvent formulé ces questions complexes sous la forme d'une simple question : Y avait-il un "quid pro quo" ? Comme je l'ai déjà dit, en ce qui concerne l'appel et la réunion demandés à la Maison-Blanche, la réponse est oui.

M. Giuliani a fait savoir au secrétaire Perry, à l'ambassadeur Volker et à d'autres que le président Trump voulait une déclaration publique du président Zelensky s'engageant à mener des enquêtes sur la Burisma et les élections de 2016. M. Giuliani a exprimé ces demandes directement aux Ukrainiens.

M. Giuliani nous a également fait part directement de ces demandes. Nous avons tous compris que ces conditions préalables à l'appel de la Maison-Blanche et à la réunion de la Maison-Blanche reflétaient les souhaits du président Trump et... exigences."

Discours de Bill Barr

La Federalist Society est un groupe de gens de l'extrême droite américaine plus particulièrement portés vers le libertarianisme : ils militent pour une interprétation fondamentaliste de la Constitution comme si le monde n'avait pas changé depuis 1776, et surtout contre le fait que les lois puissent réglementer les affaires, fournir une sécurité sociale aux citoyens et protéger les droits des minorités, entre autres. C'est hier, devant une assemblée de ces libertariens fanatiques que le Ministre de la Justice (Attorney General) des Etats-Unis, William Barr a fait un discours hallucinant. En résumé Bill Barr a déclaré qu'aujourd'hui aux Etats-Unis le pouvoir du législatif avait largement dépassé celui de l’exécutif, empêchant ce dernier d'agir pour le bien de la nation. Appliquant cette idée à la situation présente il a déclaré que la gauche américaine sabotait l'administration Trump, et affirmé que ses membres étaient " engagés dans une guerre pour paralyser, par tous les moyens nécessaires, un gouvernement dûment élu ". De plus, il a affirmé que "la gauche" était "engagée dans le démantèlement systématique des normes et l'affaiblissement de l'Etat de droit". Les conservateurs, a-t-il dit, étaient désavantagés contre la " guerre sainte " du progressisme parce qu'ils " ont plus de scrupules sur leurs tactiques politiques ", surtout face à " une presse hyper-partisane ".